Modeler un grand format

Faire une sculpture de 1 m demande de l’organisation !

D’abord, il faut modeler en deux parties, qui seront cuites séparément. Un emboîtement permettra à la deuxième de tenir sur la première.

Ensuite, une fois que les parties se sont raffermies, il faut les vider afin d’alléger la sculpture. J’ai donc divisé la pièce en 4 parties, que j’ai vidées patiemment en laissant 2 cm d’épaisseur. Puis on recolle le tout avec de la barbotine.

À chaque étape, il faut bien veiller au séchage.

Et enfin, la cuisson dans le four à gaz (le plus grand !). Une cuisson trrrrrès lente, jusqu’au point quartz à 600 °C. Et voilà !

J’ai adoré cette aventure. Ça me donne envie de continuer la série Amsonia ! ?

Les prochaines expos et mes boutiques

La fin d’année est un moment de grande activité pour nous, artisans et artistes. Voici déjà mes 3 expositions à venir :

  • Royan — les 14 et 15 novembre
    Avec Talents de Femmes
  • La Rochelle — les 12 et 13 décembre
    Salle de l’Oratoire, avec l’association Argilités, pour une exposition 100 % céramique

Mais aussi toutes les boutiques qui me représentent :

– Spécimen — Bordeaux
–  Marycës — Saintes
– Melting Pot — Rochefort
– Chapti Déco — Royan
– Le Petit Bocal — Niort
–  Empreintes — Pèzenas
– Respiro — Lyon et Paris

Toutes ces adresses sont à retrouver sur la page Points de vente


Adoubée par Philippe Katerine

Quel honneur d’avoir été choisie par Philippe Katerine pour participer à l’exposition « Le Musée vu par Philippe Katerine » !

C’était l’été dernier. Je vois passer un appel à candidatures sur les réseaux sociaux : Philippe Katerine cherche des artistes pour son expo. Je me dis pourquoi pas, je n’ai rien à perdre. J’y croyais à peine. Et voilà que je reçois une réponse positive ! Il fallait que j’amène ma sculpture « Invitation » au Musée de Niort trois jours plus tard.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là… Un monde fou est venu pour les Journées du Patrimoine, et patatra : ma sculpture est renversée ! Elle tombe et se retrouve en mille morceaux. Quelle destinée pour cette œuvre !

D’autres sculptures vont la remplacer : « Elisa » et « Réparer le monde ».

Invitation aura été comme une figure de proue : elle a ouvert le chemin vers autre chose.

La composition d’un émail

Les matières premières d’un émail se classifient en 3 grandes catégories liées à leurs caractères chimiques :

– Formateur :

La silice est le formateur de l’émail. Elle forme une maille et fond à 1707°C. La silice ou encore SiO2 est de la forme de RO2 c’est-à-dire un radical et 2 atomes d’oxygène. Toute molécule de cette forme pourra rentrer dans cette catégorie.

– Neutre, stabilisant, structurant :

L’autre élément essentiel de l’émail est l’alumine apportée par le kaolin qui existe naturellement dans le sol. Elle s’installe dans la maille siliceuse et renforce sa structure.

L’alumine ou encore Al2O3 est de la forme R2O3 c’est-à-dire deux radicaux et 3 atomes d’oxygène. Toute molécule de cette forme pourra rentrer dans cette catégorie. Elle fond à 2020°C.

Le mélange silice-alumine fond quant à lui à 1590°C.

– Fondant :

Le mélange silice-alumine fond toujours à trop haute température. Il a fallu donc ajouter un fondant afin d’abaisser la température de fusion. Il s’insère lui aussi dans la structure siliceuse. Le fondant a la forme de RO, R2O, c’est-à-dire un à 2 radicaux et 1 atome d’oxygène. Ainsi toute molécule de cette forme rentrera dans cette catégorie. Comme par exemple la craie CaO, la soude Na2O, la potasse K2O ou encore le plomb PbO.

Le mélange silice, alumine et craie fond à 1165°C.

Les oxydes métalliques (fer, cuivre, cobalt….) qui vont donner la couleur sont utilisés en petite quantité et n’interviennent pas dans ce classement. Sauf le fer qui peut être introduit en plus grosse quantité. Celui-ci étant Fe2O3 (R2O3), il rentre dans la catégorie des structurants. L’oxyde de zinc ZnO (RO) peut de son côté entrer dans la catégorie des fondants.

Chaque élément est apporté par des matières premières naturelles :

En règle général, il vaut mieux utiliser des matières premières déjà mélangées que des éléments purs.

– Les fondants comme la soude Na2O ou la potasse K2O ou encore nommé par les céramistes KNaO sont apportés par des feldspaths sodiques ou potassiques.

– L’alumine est apportée par le kaolin (Al2O3 2 SiO2)

– La soude est apportée par des feldspaths sodiques.

– Le carbonate de chaux est apporté par des feldspaths calciques ou la craie.

– L’oxyde de magnésium est apporté par le talc.

– Le phosphore vient de cendre d’os.

– Le lithium vient de feldspath lithique ou du carbonate de lithium.

– Le groupement de K2O et de Na2O est amené avec de la Néphéline syénite.

Les frittes

Pour les émaux de faïence, on utilise des frittes. C’est la création artificielle d’un feldspath. Ces frittes sont obtenues après une première cuisson suivie d’un broyage et réincorporées à un émail. Les fondants sont prisonniers d’une maille. Cette technique permet ainsi d’utiliser plus facilement des éléments toxiques comme le plomb (le fondant le plus puissant) mais aussi d’abaisser la température de fusion d’autres fondants comme CaO et KNaO et de les rendre accessibles à la cuisson de la faïence.

La couleur

Les oxydes donnent la couleur. Certains sont très puissants comme le cobalt où parfois 0,5 % suffisent. En revanche le fer peut atteindre des % élevés jusqu’à 20 % quand on veut réaliser des bruns foncés.

Fer : rouge à brun en oxydation, bleu en réduction

Cuivre : bleu-vert en oxydation, rouge en réduction

Cobalt : bleu

Chrome : vert ou rouge

Expo à Saint Jean d’Angély

L’association des Chevalets de la Boutonne m’a invitée pour son exposition annuelle à venir exposer mes sculptures !
C’est du 19 au 31 mars à La Chapelle des Bénédictines. J’y exposerai mes statuettes « Les silencieux » et mes bustes « Les copines ».
L’occasion aussi de découvrir plus de 50 tableaux sur le thème de la poésie.

La technique du Mocha Tea

Voici une technique que j’aime pour son côté imprévisible et presque magique.
Le mocha tea consiste à préparer un jus d’oxydes dans une infusion de tabac (ou, pour une variante, dans du vinaigre).
On trempe la pièce dans une barbotine encore fraîche, puis on approche le pinceau gorgé de jus : au contact, la solution acide rencontre la barbotine basique… et la réaction crée de fines ramures, comme des petits arbres qui se déploient sur la surface.

Chaque geste donne un résultat différent — c’est tout le charme de cette technique.
On peut l’utiliser avec n’importe quel oxyde métallique ou colorant de masse, pour jouer avec les nuances et les effets.

La recette :

Faire bouillir à petit feu 6 g de tabac dans 125 ml d’eau pendant 40 min. Attendre que la décoction refroidisse. Ajouter 20 g pour un colorant de masse ou 7 g pour un oxyde .

Une technique à tester pour celles et ceux qui aiment les surprises !

Les expos de décembre 2025

Deux rendez-vous à ne pas manquer avant la fin de l’année

Le mois de décembre s’annonce riche en rencontres et en belles découvertes !
Deux événements m’attendent, dans deux lieux que j’aime beaucoup.

Argilités – La Rochelle, salle de l’Oratoire

Les 6 et 7 décembre 2025

Cette exposition réunit 13 céramistes venus de différents horizons. Chacun présentera son univers, ses recherches, ses textures, ses couleurs.
J’y présenterai mes dernières pièces, notamment celles de la série Promeneurs.

C’est un moment convivial, où le public peut échanger directement avec les créateurs, découvrir des techniques variées et peut-être trouver un coup de cœur à offrir ou à s’offrir.

? Toutes les informations pratiques (horaires, exposants, accès) sont à retrouver sur le site Argilités

Histoire de Copines – Cognac, Couvent des Récollets

Du 9 au 14 décembre 2025


Je participerai aussi à une exposition collective avec le groupe Histoire de Copines.
Nous serons quatre artisanes réunies par l’amitié et le goût du travail bien fait :

  • une bijoutière,

  • une feutrière,

  • une santonnière,

  • et moi, céramiste.

Nous présenterons nos univers respectifs dans ce beau lieu chargé d’histoire. C’est une exposition à taille humaine, pleine d’échanges, de rires et d’authenticité.

Pour suivre les préparatifs et en savoir plus : Histoires de Copines sur Facebook

Recettes d’engobe à tester

À l’atelier, les engobes tiennent une place importante. Ce sont des terres colorées, appliquées sur les pièces encore crues, qui permettent de jouer avec les nuances, les contrastes et les effets de matière. J’aime les engobes parce qu’ils gardent quelque chose de brut et d’authentique, tout en apportant une touche de couleur.

J’ai rassemblé ici quelques recettes simples et accessibles, idéales pour expérimenter. Elles peuvent être une base, à adapter ensuite selon vos envies, vos terres, vos cuissons.

Laissez-vous guider… et surtout, amusez-vous à chercher vos propres teintes.

Bleu : 1,5 % de Cobalt ou 2,5 % de Cobalt + 0,5 % de Cuivre

Vert : 2,5 % de Chrome + 0,5 % de cuivre ou  2,5 % de cuivre ou 2,5 % de Chrome

Jaune, ocre x = 2 % de fer

Noir : terre noire ou ajout de 4 à 6 % de cobalt + 2 % d’oxyde de manganèse

Blanc : terre blanche

Rouge brique : terre rouge ou x = 5 à 6 % de fer

Colorant de masse : entre 10 et 20 %

Mode opératoire :

– broyage de 200 g terre blanche en morceaux grossiers

– ajout de 200 g d’eau

– laisser reposer (une nuit)

– ajout des oxydes

– tamisage ou mixage avec mixeur

– rectifier avec un peu d’eau si trop épais

La porcelaine, une rencontre de la terre et du feu

La porcelaine, c’est d’abord une rencontre de trois éléments : le kaolin, le quartz et le feldspath. Chacun a son rôle, et c’est cette combinaison qui donne à la porcelaine sa blancheur éclatante, sa solidité et sa douceur.

Le kaolin, cette argile fine et pure, lui apporte cette blancheur unique. Le quartz, solide et résistant, aide à la rendre encore plus durable. Le feldspath, enfin, fusionne les autres éléments pour créer cette texture lisse et soyeuse.

Mais la véritable magie de la porcelaine, c’est la manière dont ces éléments s’unissent sous la chaleur du four, à partir de 1260°C. Là, la matière prend vie et devient plus qu’un simple mélange. Elle devient délicate et robuste, à la fois.

Travailler la porcelaine, c’est un processus lent et patient. Chaque étape, du modelage au séchage, compte. Chaque pièce est unique, façonnée par la main du créateur et par le temps.

La porcelaine, c’est une matière pleine de douceur, mais aussi de force. Un équilibre subtil entre la terre et le feu.

Carrière de Kaolin

Emballage et envoi

Envoyer de la céramique n’est pas une mince affaire mais on y arrive !

Les précautions à prendre :

  •  emballer chaque pièce dans du papier bulle
  • les pièces doivent être séparées entre elles par du carton
  • mettre les pièces dans des cartons
  • remettre le carton dans un carton double tubulures
  • caler l’ensemble avec des chips ou du papier journal froissé